Histoire

CASTRUM DE SENNILHAC

Le XII e siècle est une période de prospérité et de grands changements. On y érige des fortifications pour protéger les bourgs et villes en plein essor.
Le château originel de Sanilhac est édifié à cette période, sous l’impulsion du seigneur d’Uzès, Bermond Ier, vassal du comte de Toulouse.
Sa première mention dans les archives date de 1156. Louis VII dit le Jeune, roi de France, accorde à Raymond II, évèque d’Uzès , de nombreux domaines dont le castrum de Sennilhac.

Edition du diplôme donné en 1156 par le roi Louis VII à l’évêque d’Uzès.
DEVIC et VAISSETE, Histoire générale de Languedoc, t.2, Paris, 1733, n°503, col. 561-562.
Traduction française depuis le latin du diplôme de Louis VII.
Transcription de la traduction française.
Agrandissement de la mention « Le Château de Sanilhac », issue de la traduction française depuis le latin du diplôme de Louis VII.

GUETTER

La Tourasse, sa tour donjon, s’élève sur 25 à 30 mètres de hauteur.
Depuis son sommet, une vue panoramique permet de surveiller le versant méridional de la cité ducale d’Uzès et notamment le Pont St Nicolas, frontière entre deux aires géographiques.
Un système de feux est allumé sur les tours de guet des villes et villages alentour afin de prévenir de dangers potentiels. La Tourasse de Sanilhac sert de relais entre le prieuré de Saint Nicolas de Campagnac, jouxtant le Pont St Nicolas et la cité ducale d’Uzès.

ABRITER

La Tourasse constitue également un refuge lors des attaques et des sièges. Elle peut abriter, entre ses murs, l’ensemble de la communauté villageoise.
Il existe encore aujourd’hui un souterrain qui permettait jadis aux occupants du donjon de quitter le château. Il permettait de rallier le deuxième château de Sanilhac, construit plus tardivement.

La tour donjon de Sanilhac revêt une fonction de prestige. C’est une marque ostentatoire de la puissance du seigneur du lieu comme en témoigne son architecture soignée, en pierre à bossage.

NOURRIR

A l’époque moderne, le deuxième niveau de la Tourasse est transformé en pigeonnier.
Privilège nobiliaire par excellence, il atteste de l’importance du patrimoine foncier du seigneur. Les 325 boulins qu’il comporte correspondent à une superficie de terre d’une centaine d’hectares : un nid par arpent de terre ( 1 arpent de terre = 3418 mètres carré )

Le pigeonnier sert à fournir un amendement pour les cultures, ainsi que des réserves de viande facilement accessibles en période de disette.

La période révolutionnaire met à mal tous les symboles de la Noblesse. La Tourasse n’échappe pas à cette période troublée. Elle est amputée de ses étages supérieurs.
À ce jour, il subsiste deux niveaux.

Les pierres de tailles des étages sont disséminées dans tout le centre historique de Sanilhac.

La Tourasse de Sanilhac, époque présumée début XXe – Image des archives de la Mairie de Sanilhac-Sagriès – Collection Ferré.

A l’époque contemporaine, le premier niveau de la tour a abrité un moulin à « sang » ( moulin à bœuf ) qui actionnait une presse à olives. Des villageois se souviennent encore aujourd’hui de l’époque où la partie inférieure servait d’espace de stockage pour les pommes de terre, destinées à nourrir les cochons. Elles étaient mises à cuire dans la grange attenante à la Tour.

Ainsi la Tourasse, a revêtu des usages variés au cours de l’histoire. Symbole de puissance du seigneur local, elle a également servi à protéger, abriter et nourrir les villageois.