Résidence d'artiste : le Domaine de la Tourasse reçoit l'auteur de nouvelles poétiques alpott durant l'été 2012

L'auteur de nouvelles poétiques alpott nous livre un texte dédié à Walter Benjamin (monument à Port Bou)

UN NOM QUI TE VA BIEN
A Walter Benjamin

Lecture de texture il faut lire pour sourire
Et tenter une sortie sur la tombe sans corps
D'un homme qui n'a plus de décor
Qui meurt une fois dans une voie sans issue
Cherche l’adresse d’un possible détour
Dans une Allemagne à son corps défendant
Une Italie dans son habit de plage
Une France d’un équilibre qui se dilate
Qui se traverse en train
Pour finir à pied sur une route de contrebande

J’irai au désordre
Attendre un rendez-vous
Mal acquis
J’irai grandiose
Marcher les allées
D’un ciel montant
Sur une mer déchaînée
Un matin du réveil
L’inversion du mérite
J’irai écrire l’altitude
Du corps mouvant sur une échelle de valeur

Les yeux fermés les lunettes font songer
A la méprise d’un rite
D’où l’on veut sortir vite
Pour ne pas se méprendre
Sur la garantie d’une croyance
En une répétition
D’un jour appris sur l’inconnu
Une incertitude de vivre la nuit
Sur la morale immobilière
La peine d’un chemin
Qui rappelle une année lointaine
L’eau qui soutient la théorie du doute
Le vent qui affirme toujours son droit
Le panneau qui indique le bilan
Les nuages menaçants qui protestent
Le brouillard jamais prévu

Alors tu as pensé comme l’on pense
L’improbable certitude d’être
Avec un surplus de doute
Qui abonde d’un tourment
Des questions permanentes
Qui s’accrochent au rivage
D’une intelligence parfumée

Si tu pouvais encore écrire le pourquoi du comment
Avec des signes aléatoires
Des sonnets à la gloire des inventions
Tu prédirais l’heure d’arrivée
Sur le moral des jours
Des nuits d’angoisse
Dans un ciel étoilé de vision.